White palace reflected in the calm waters of Lake Pichola at twilight
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Udaipur

"La ville la plus romantique de l'Inde — et elle le sait."

Udaipur mérite sa réputation. Le City Palace s’élève depuis la rive est du lac Pichola en une cascade de marbre blanc, de balcons et de cours intérieures dont la construction a pris trois cents ans et qui donne le sentiment de pouvoir en absorber trois cents de plus sans perdre sa capacité à émerveiller. Le Lake Palace, posé sur une île au milieu de Pichola, est aujourd’hui un hôtel de luxe et le bâtiment le plus photogénique du Rajasthan — ses murs blancs reflétés dans l’eau calme au coucher du soleil produisent une image qui a lancé mille réservations de lune de miel.

Je me suis installé dans un haveli côté lac dans la vieille ville, et depuis mon toit-terrasse la vue était si improbable que j’ai littéralement ri. Le Lake Palace flottait sur l’eau comme un navire de marbre. Le City Palace se dressait à gauche, ses balcons et fenêtres captant la lumière de fin d’après-midi. Les collines d’Aravalli s’élevaient derrière tout cela, vertes après la mousson, et l’eau du lac Pichola gardait tout dans un reflet si immobile qu’il doublait la beauté. Je suis resté sur ce toit-terrasse toute la première soirée, buvant du masala chai et regardant la lumière changer, et j’ai compris pourquoi chaque rédacteur de voyage qui vient ici utilise les mêmes mots. Udaipur n’est pas subtile. Elle ne cache pas sa beauté derrière des couches de crasse et de chaos comme Delhi ou Mumbai. Elle l’offre au contraire ouvertement, presque généreusement, comme si la ville avait décidé que sa raison d’être est d’être belle et qu’elle a consacré des siècles à perfectionner cet art.

The white marble City Palace of Udaipur rising from the lakefront

Mais Udaipur n’est pas que des palais. La vieille ville est un enchevêtrement de ruelles étroites, de galeries d’art, de restaurants sur les toits et de boutiques de textiles où les commerçants offrent le chai avant d’offrir les prix — une stratégie de négociation que je reconnais des souks du Maroc et qui fonctionne aussi bien sur les deux continents. Le temple Jagdish ancre la vieille ville avec sa flèche indo-aryenne et son flux constant de fidèles, et les marches qui y mènent sont bordées de vendeurs de fleurs, d’encens et de peintures miniatures dans le style Mewar — une école d’art qui s’est développée ici au fil des siècles et qui dépeint, avec une précision exquise, les scènes de cour, les chasses et les histoires d’amour des rois Rajput. J’ai acheté une petite peinture de scène palatiale dans une boutique où l’artiste était le petit-fils de l’artiste qui avait peint les originaux, et la continuité — la ligne ininterrompue de savoir-faire transmis de main en main à travers les générations — m’a ému plus que la peinture elle-même.

Narrow colourful lanes and traditional architecture in Udaipur's old city

Le Monsoon Palace sur la colline au-dessus de la ville attrape les dernières lueurs et offre des vues sur la chaîne d’Aravalli qui s’étendent jusqu’à l’horizon. Les promenades en bateau sur le lac Pichola au coucher du soleil, avec le palais illuminé et les Aravalli s’assombrissant derrière, sont le genre d’expérience qui fait comprendre pourquoi les Moghols se sont battus pendant des siècles pour contrôler cet endroit. Saheliyon ki Bari, le Jardin des Demoiselles, est un refuge paisible de fontaines et de bassins de lotus construit pour les dames de compagnie de la reine, et sa géométrie paisible est l’antidote parfait à l’intensité sensorielle du reste du Rajasthan. J’ai dîné à Ambrai, un restaurant sur la rive ouest du lac, et les lumières reflétées du City Palace scintillaient sur l’eau entre les plats de laal maas — le curry de mouton rajasthani ardent qui a exactement le goût de la couleur rouge qu’il affiche. Udaipur n’est pas l’Inde des clichés. C’est l’Inde du raffinement, de la beauté cultivée au fil des siècles, d’une culture qui a décidé depuis longtemps que la quête du beau n’est pas frivole mais essentielle.

Lake Pichola at sunset with the illuminated palace reflected in the water

Quand y aller : De septembre à mars pour le meilleur temps. Octobre et novembre sont idéaux — verdure post-mousson, températures confortables et ciel dégagé. L’été est brutalement chaud, et la mousson remplit les lacs mais limite l’exploration en extérieur.