Turquoise natural pools of Semuc Champey surrounded by dense jungle
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Semuc Champey

"L'endroit le plus beau du Guatemala est aussi le plus difficile à atteindre. Ce n'est pas un hasard."

Arriver à Semuc Champey relève de l’acte de foi. La route depuis Cobán se dégrade progressivement — asphaltée, puis en gravier, puis en terre battue, puis quelque chose qui mérite à peine le nom de route — en sinuant à travers une forêt nuageuse et des villages mayas Q’eqchi’ où les enfants saluent depuis les seuils et l’air sent la fumée de bois et la terre mouillée. Le dernier tronçon est une descente cahotante à l’arrière d’un pickup, et quand on arrive enfin au bord de la rivière, on a mérité chaque seconde de ce qui suit.

Ce qui suit, c’est l’une des formations naturelles les plus extraordinaires d’Amérique centrale. La rivière Cahabón — un courant puissant et boueux — plonge sous terre à travers un pont de calcaire de trois cents mètres de long. Sur ce pont, une série de vasques en terrasse se sont formées, chacune d’un turquoise légèrement différent, chacune se déversant dans la suivante comme un infinity pool géologique conçu par un paysagiste aux ambitions démesurées. On nage de vasque en vasque, l’eau fraîche et d’une clarté impossible, la jungle resserrée de toutes parts, les toucans qui appellent dans la canopée au-dessus.

Turquoise limestone pools cascading through lush tropical jungle

Le mirador — une montée raide de quarante minutes à travers la forêt — offre la perspective aérienne qui a rendu Semuc Champey célèbre : la chaîne de vasques qui brille d’un bleu électrique sur le vert, la rivière qui disparaît et réapparaît, l’échelle du lieu qui devient soudain évidente. Je suis resté là-haut une heure, trempé de sueur et à bout de souffle, incapable de détourner les yeux. J’ai vu Plitvice, j’ai vu Kuang Si, et Semuc Champey n’a rien à leur envier.

Les grottes sont l’autre expérience indispensable. Les grottes de K’anba s’étendent sous les collines voisines — on entre avec une bougie, on patague dans des rivières souterraines dans l’obscurité, on grimpe sur des rochers et on se faufile par des passages qu’un claustrophobe n’apprécierait guère. C’est brut, sans garde-fous, et grisant de la manière dont le tourisme d’aventure l’était avant que tout soit balisé et assuré.

Crystal-clear natural pool surrounded by tropical vegetation and rock formations

Le village de Lanquín, à trente minutes en remontant la route, compte une poignée d’auberges et d’écolodges — le Zephyr Lodge et El Retiro sont les plus connus, construits à flanc de colline avec des hamacs donnant sur la vallée. L’ambiance est communautaire et routarde, la nourriture simple, et les nuits résonnent du coassement des grenouilles et du grondement lointain de la rivière en contrebas. Restez au moins deux nuits. Un jour pour les vasques et le mirador, un autre pour les grottes et la descente en bouée. Bâcler Semuc Champey, c’est nier la raison d’être venu jusqu’ici.

Quand y aller : De janvier à avril, quand le niveau de l’eau est le plus bas et les vasques les plus claires. La saison des pluies (de juin à octobre) rend la route plus difficile et l’eau plus trouble, mais la jungle est d’un vert magnifique et le lieu est bien plus tranquille.