Lush river canyon of Río Dulce with jungle walls and calm green water
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Río Dulce

"Le fleuve qui relie les hautes terres du Guatemala à son âme caraïbe."

Le Río Dulce, ce sont trente-six kilomètres de fleuve qui ressemblent à un voyage dans le temps. À l’extrémité ouest se trouve la ville du même nom, serrée autour d’un pont immense sur la route entre la capitale et le Petén. À l’est, le fleuve se jette dans la mer des Caraïbes à Livingston. Entre les deux s’étend l’un des plus beaux trajets fluviaux d’Amérique centrale — un canyon calcaire dont les parois de jungle s’élèvent à la verticale depuis l’eau, perroquets et martins-pêcheurs filent entre les arbres, et le silence n’est rompu que par le clapotis de la lancha qui fend une eau couleur de jade.

J’ai fait la descente un matin calme de février. Le bateau est parti depuis le pont en ville, l’a traversé en dessous, et le monde a changé d’un coup. Le lac s’est ouvert, puis s’est rétréci en canyon — El Golfete, un élargissement où le fleuve devient presque lacustre, abrite une population de lamantins en danger d’extinction. On les voit rarement, mais savoir qu’ils sont là, se déplaçant lentement sous la surface, ajoute une dimension sauvage au voyage. La réserve du Biotopo Chocón Machacas protège ces eaux, et les guides savent où chercher les trainées de bulles qui trahissent la présence des animaux en dessous.

Tropical river winding through dense jungle with mist rising from the water

La cascade d’eau thermale est la surprise de mi-parcours. La lancha s’approche d’une paroi rocheuse d’où jaillit de l’eau thermale qui se déverse dans le fleuve, créant une douche naturelle d’eau tiède tombant dans le courant frais. On nage jusqu’au pied de la chute et on se place sous un jet d’eau minérale à la température exacte d’un bain parfait, la jungle qui monte au-dessus, le fleuve qui coule tout autour. C’est absurde et magnifique, et ça ne coûte rien.

Le Castillo de San Felipe — une forteresse espagnole du XVIIe siècle à l’endroit où le lac Izabal rejoint le fleuve — a été construit pour repousser les pirates anglais qui pillaient les rives du lac pendant des décennies. Il a été restauré juste ce qu’il faut pour rester intéressant sans perdre son caractère patiné, et la vue depuis les remparts sur le lac est superbe. Les sources chaudes voisines (différentes de celles du fleuve) sont populaires auprès des familles guatémaltèques le week-end.

Calm tropical waterway surrounded by dense green vegetation and still waters

La communauté de voileux ici est un détail inattendu — le Río Dulce est depuis longtemps un abri anti-ouragan pour les voiliers caribéens, et les marinas le long du fleuve accueillent une population permanente de liveaboards, d’expatriés et de marins qui attendent des fenêtres météo favorables. Les restaurants autour du pont s’adressent à cette clientèle, et on mange une cuisine internationale étonnamment bonne dans un endroit qui ressemble au bout du monde.

Quand y aller : De novembre à avril pour le temps le plus sec. Le fleuve est navigable toute l’année, mais la saison sèche offre une eau plus claire et des conditions plus calmes. La descente jusqu’à Livingston se fait de préférence le matin, avant que les vents de l’après-midi ne se lèvent.