Colorful hillside houses of Santiago de Cuba overlooking the harbor and Sierra Maestra
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Santiago de Cuba

"Si La Havane est la tête, Santiago est le cœur."

Santiago, c’est là où l’âme de Cuba parle le plus fort. L’héritage afro-cubain de la ville est plus profond qu’ailleurs sur l’île — le Carnaval de juillet est le plus exubérant du pays, ses congas (défilés de rue) portées par des rythmes qui remontent directement à l’Afrique de l’Ouest et à Haïti. La Casa de la Trova, la maison de musique originelle de la tradition du son, accueille encore des concerts quotidiens dans une salle à l’étage étouffante de chaleur où la musique ne s’est pas arrêtée depuis 1912.

Je suis arrivé à Santiago à midi et à 14h j’étais trempé de sueur, mal préparé pour la chaleur, et convaincu que c’était la ville la plus vivante que j’avais visitée dans les Caraïbes. Santiago ne séduit pas — il submerge. Les rues grimpent à pic depuis le port, les bâtiments sont peints dans des couleurs qui semblent s’intensifier avec la chaleur, et la musique est partout, non pas comme un décor mais comme une infrastructure, aussi essentielle au fonctionnement de la ville que l’eau ou l’électricité.

Colorful hillside buildings in a Caribbean port city

L’histoire révolutionnaire est tout aussi présente. La caserne Moncada — où l’attaque manquée de Castro en 1953 a déclenché la révolution — est aujourd’hui un musée dont la façade conserve les impacts de balles. Debout dans la cour, à lire les noms, on ressent le poids de ce que ce bâtiment représente dans le récit que le pays fait de lui-même. Le cimetière Santa Ifigenia abrite le mausolée de José Marti et la tombe de Fidel Castro — la cérémonie de la relève de la garde toutes les trente minutes est solennelle et, contre toute attente, émouvante.

Au-dessus du port, le Castillo del Morro surveille l’entrée de la baie, et la Sierra Maestra s’élève derrière la ville, le massif où fut menée la campagne de guérilla révolutionnaire. La route jusqu’à la Gran Piedra — un rocher massif à 1 200 mètres d’altitude — offre des températures plus fraîches et des panoramas qui s’étendent jusqu’à Haïti par temps clair.

Street dancers and musicians performing during a Cuban carnival

La Casa de la Trova mérite une visite à part, en dehors de tout itinéraire ou programme. Y aller l’après-midi, quand la chaleur tient les touristes à distance et que les musiciens jouent les uns pour les autres. Le son — la musique fondatrice de Cuba, la racine de la salsa, le rythme que le Buena Vista Social Club a porté jusqu’au monde entier — est né dans ces montagnes de l’est, et l’entendre jouer dans cette salle, par des musiciens qui l’ont appris de musiciens qui l’ont appris des créateurs originaux, c’est l’une de ces expériences que les enregistrements ne peuvent pas reproduire.

La cuisine de Santiago reflète sa situation caribéenne — plus d’épices, plus de noix de coco, plus de piment qu’à La Havane. Le pru, une boisson fermentée à base de racines et d’épices, se vend au coin des rues et n’a de goût semblable nulle part ailleurs à Cuba. Les paladares du quartier Tívoli, l’ancien quartier franco-haïtien, servent des plats à l’influence créole qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur l’île.

Historic stone fortress overlooking a Caribbean harbor

Quand y aller : De novembre à avril pour la saison sèche. En juillet pour le Carnaval — réserver très longtemps à l’avance. Santiago est la ville la plus chaude de Cuba — se préparer à une chaleur sérieuse toute l’année.