Red sandstone cliffs meeting turquoise water along a PEI beach
← Canada

Île-du-Prince-Édouard

"L'île a son propre rythme, et au bout d'une journée, vous aussi."

L’Île-du-Prince-Édouard est douce dans le meilleur sens du terme — douce de la façon dont peut l’être un endroit qui a décidé que l’ambition est surévaluée et que la beauté suffit. Des plages de sable rouge s’étendent le long du littoral, adossées à des dunes et des falaises couleur rouille que l’Atlantique sculpte depuis des millénaires. L’intérieur est un patchwork de terres agricoles verdoyantes, d’églises blanches et de routes tranquilles qui font du vélo un plaisir pur. Venant de Mexico, où le silence est un luxe et l’immobilité devient suspecte, l’IPÉ m’a semblé tourner sur un système d’exploitation entièrement différent — plus lent, plus silencieux, et parfaitement à l’aise avec ce rythme.

L’île est assez petite pour la traverser en voiture dans un après-midi, mais assez riche pour remplir une semaine sans se répéter. Anne aux pignons verts a mis l’IPÉ sur la carte littéraire, et la région de Cavendish embrasse cet héritage avec charme plutôt que kitsch — la ferme qui a inspiré L.M. Montgomery est conservée avec un soin qui suggère que la fictive Anne est aussi réelle pour les insulaires que n’importe quelle figure historique. Le parc national le long de la côte nord protège quelques-unes des plus belles plages de l’est du Canada, et le littoral de grès rouge change constamment — des falaises qui s’érodent, de nouvelles formations qui apparaissent, un paysage qui se réécrit à chaque tempête.

Rolling green farmland with red dirt roads crossing the PEI countryside

La gastronomie

Le vrai attrait, c’est la nourriture, et à l’IPÉ la nourriture n’est pas une tendance ni une scène — c’est le fait central de l’île. Le homard, les huîtres et les moules de l’IPÉ sont légendaires, et « légendaire » n’est pas une hyperbole. L’huître Malpeque, qui tient son nom de la baie où elle est récoltée, est considérée comme l’une des meilleures du monde — iodée, nette, avec une douceur qui arrive en fin de bouche comme un souvenir de la mer elle-même. J’ai mangé des huîtres en Normandie, en Galice, dans la baie de Chesapeake — et les huîtres de l’IPÉ tiennent leur rang face à toutes.

Le homard est servi partout, des restaurants avec nappes blanches aux cabanes de bord de route où l’océan est encore visible depuis votre table de pique-nique et où le homard était dans un casier ce matin même. Les soupers au homard — des événements dans des salles communautaires, de longues tables, du homard à volonté avec des moules, de la chaudrée, des salades et du shortcake aux fraises — sont une institution de l’IPÉ qui ressemble moins à un repas qu’à un rituel d’abondance. New Glasgow Lobster Suppers et Fisherman’s Wharf à North Rustico organisent ces événements depuis des décennies, et les habitants y reviennent encore parce que le homard est tout simplement aussi bon que ça.

La scène des brasseries artisanales et des produits du terroir de l’île a fleuri discrètement mais convaincamment. L’IPÉ est l’un des plus grands producteurs de pommes de terre du Canada, et la pomme de terre insulaire — dense, beurrée, cultivée dans ce sol rouge si caractéristique — apparaît dans tout, des restaurants gastronomiques aux camions à frites qui bordent les routes. La glace COWS, née à l’IPÉ, propose des parfums qui utilisent une crème si fraîche qu’elle semble être un ingrédient à part entière.

Red sandstone cliffs meeting the blue waters of the Gulf of St. Lawrence

Les routes côtières

Une balade sur les routes côtières révèle un paysage modeste, beau et profondément satisfaisant de la façon dont seuls les endroits sans prétention peuvent l’être. La route côtière de la Pointe-Est serpente à travers des villages de pêcheurs, des phares et des plages où vous pourriez être la seule personne sur un kilomètre dans chaque direction. La route côtière du Cap-Nord vous mène à l’extrémité occidentale de l’île, là où les forces des marées du golfe du Saint-Laurent rencontrent le détroit de Northumberland et où des éoliennes tournent au-dessus des champs de pommes de terre dans un tableau qui semble à la fois ancestral et contemporain.

Le Sentier de la Confédération — un itinéraire cyclable et pédestre de 435 kilomètres aménagé sur une ancienne voie ferrée — traverse l’île de bout en bout, passant par des terres agricoles, des forêts et des petites villes où l’épicerie générale fait toujours office de centre communautaire. Le parcourir à vélo est l’une des grandes expériences méconnues du voyage canadien : assez plat pour être agréable, assez beau pour être gratifiant, et assez silencieux pour entendre les oiseaux, le vent, et rien d’autre.

A quiet PEI harbour with colourful fishing boats at rest

Quand y aller : De juin à septembre. Juillet et août sont les mois les plus chauds pour les plages. La saison du homard bat son plein en été. Le festival Fall Flavours en septembre et octobre célèbre les récoltes de l’île avec des événements gastronomiques dans chaque communauté. L’île est calme et largement fermée en hiver — ce qui, selon votre tempérament, est soit un avertissement, soit une invitation.