Ottawa tire son identité des grands édifices néogothiques de la Colline du Parlement, perchés au-dessus de la rivière des Outaouais avec une prestance que la plupart des capitales nationales lui envieraient. L’édifice du Centre, avec sa Tour de la Paix s’élevant à quatre-vingt-dix mètres au-dessus de la falaise, préside la ville avec l’autorité tranquille d’un pays qui n’éprouve pas le besoin de fanfaronner à propos de ses institutions. La Relève de la garde sur la pelouse du Parlement en été n’a rien de la sévérité martiale de Buckingham Palace — elle se vit, comme une bonne part du Canada, avec à la fois dignité et accessibilité, une cérémonie qui se prend au sérieux sans se prendre trop au sérieux.
Les musées de la ville sont véritablement de classe mondiale, et c’est ce détail qui surprend le plus les visiteurs. Le Musée des beaux-arts du Canada, conçu par Moshe Safdie avec sa géométrie de verre et de granit, abrite la plus belle collection artistique du pays — les paysages lumineux du Bouclier canadien peints par le Groupe des Sept valent à eux seuls le déplacement, ces tableaux qui ont appris à toute une nation à voir sa propre nature sauvage comme une œuvre d’art plutôt que comme un obstacle. Le Musée canadien de l’histoire, de l’autre côté de la rivière à Gatineau, raconte l’histoire nationale avec une portée remarquable, des civilisations autochtones au contact européen jusqu’au présent, et la Grande Galerie avec ses immenses mâts totémiques et ses façades de maisons longues crée un espace qui tient autant de l’expérience que de l’exposition.

Le marché By
Le marché By est le cœur social et culinaire d’Ottawa depuis 1826, et il bourdonne d’une vitalité que la réputation de ville de fonctionnaires ne vous prépare pas à rencontrer. Les agriculteurs vendent les produits de l’Ontario dans les étals en plein air — la saison des pommes en septembre à elle seule justifierait d’organiser un voyage autour d’elle. Les restaurants jalonnent les rues avoisinantes : les BeaverTails, cette pâtisserie plate recouverte de sucre à la cannelle devenue une institution ottavienne, sont nés ici. Le Whalesbone sert quelques-unes des meilleures huîtres du centre du Canada, livrées quotidiennement depuis les Maritimes. Et la vie nocturne dans les rues Clarence et York — bars à cocktails artisanaux, salles de musique live, comptoirs à poutine de fin de soirée — contredit en tous points la réputation austère d’Ottawa.
De l’autre côté de la rivière, Gatineau offre une perspective québécoise sur la région de la capitale — la langue française, les lois différentes sur l’alcool, une attitude légèrement plus détendue envers tout — et les deux villes réunies forment un tout bilingue qui reflète le pays lui-même.

Le Canal Rideau
Le Canal Rideau, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, se transforme au fil des saisons d’une façon qui définit le caractère d’Ottawa. En été, c’est une voie navigable pittoresque pour les bateaux et les cyclistes, et le chemin qui longe ses berges est l’une des plus belles promenades de la ville — bordé de tulipes en mai, lorsque plus d’un million de fleurs transforment la capitale en quelque chose qui rivalise avec les Pays-Bas. Le Festival des tulipes, né du don de bulbes de la famille royale néerlandaise après que le Canada les eut accueillis pendant la Seconde Guerre mondiale, est le plus grand du genre au monde, et l’histoire qui le sous-tend est le genre de bonté canadienne silencieuse qui vous réconcilie avec l’espèce humaine.
En hiver, le canal devient la plus grande patinoire naturellement glacée du monde, s’étendant sur près de huit kilomètres à travers le centre-ville. Les habitants patinent pour aller travailler, mallette à la main, s’arrêtant pour des BeaverTails et du chocolat chaud dans les abris chauffés le long du parcours. C’est quintessentiellement canadien — à la fois pratique et fantaisiste, et parfaitement banal pour ceux qui le font chaque jour. Le festival Winterlude en février transforme le canal gelé et les parcs environnants en une célébration de sculptures sur glace, de jeux dans la neige, et de cette insistance toute canadienne à considérer l’hiver comme une saison à savourer plutôt qu’à endurer.

Quand y aller : Mai pour la saison des tulipes, juillet pour les célébrations de la fête du Canada sur la Colline du Parlement, ou de janvier à février pour Winterlude et le patinage sur le canal. Les couleurs d’automne dans le parc de la Gatineau — à seulement vingt minutes du centre-ville — rivalisent avec tout ce que la Nouvelle-Angleterre peut offrir.