Fishing boats anchored in clear water off the coast of Sihanoukville
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Sihanoukville

"Passez la ville, prenez le ferry — les îles sont la vraie histoire."

Sihanoukville a considérablement changé ces dernières années, et l’honnêteté impose de dire que le centre-ville n’est plus ce qu’il était. Le boom de la construction a transformé une grande partie du front de mer, et la bourgade côtière détendue que les routards aimaient dans les années 2000 n’existe plus guère que dans les souvenirs et dans les quelques recoins que le développement n’a pas encore atteints. Mais Sihanoukville se comprend mieux comme point de transit vers les spectaculaires îles du sud du Cambodge, et dans ce rôle elle reste incontournable.

La plage d’Otres, à l’extrémité sud, conserve quelque chose du caractère qui définissait autrefois toute la côte — un ruban de sable avec des bars et des guesthouses sans prétention qui évoquent l’ancien Cambodge. Nous y avons passé une nuit avant de prendre le ferry du matin, à manger des crevettes grillées dans une baraque au bord de l’eau dont le patron les avait pêchées lui-même dans l’après-midi. Le coucher de soleil depuis Otres reste l’un des plus beaux de la côte cambodgienne — le ciel prend des couleurs pour lesquelles je n’ai de mots ni en français ni en anglais, et les bateaux de pêche qui prennent la mer pour la nuit le traversent en silhouette.

Fishing boats moored in calm waters along the Sihanoukville coast

Le vrai attrait, c’est ce qui part du port. Des ferries desservent chaque jour Koh Rong et Koh Rong Sanloem, et les îles privées de Song Saa offrent l’une des expériences de luxe les plus extraordinaires d’Asie du Sud-Est — des villas sur l’eau construites en bois récupéré, une réserve marine et ce silence qui n’existe qu’avec un véritable isolement. Le parc national de Ream, juste au sud de la ville, propose du kayak en mangrove et des randonnées en jungle que la plupart des visiteurs ne découvrent jamais. Nous avons pagayé dans des chenaux de palétuviers si étroits que les racines effleuraient le kayak des deux côtés, et l’avifaune — martins-pêcheurs, hérons, aigles — était abondante et sans crainte.

Les fruits de mer le long de la côte restent excellents et étonnamment abordables. Nous avons mangé du crabe et des crevettes dans une baraque de plage pour le prix d’un sandwich chez nous, le genre de repas qui vous fait recalibrer votre notion de la valeur. Le marché aux poissons près du port mérite une visite à l’aube, quand les bateaux de nuit rentrent et que la pêche est étalée sur le béton en piles luisantes — calmars, maquereaux, vivaneaux, crabes aux pinces encore mobiles. Utilisez Sihanoukville comme une porte d’entrée, pas comme une destination, et elle vous servira bien.

Coastal sunset view with boats silhouetted against the evening sky

Quand y aller : De novembre à mai, le temps est sec et idéal pour faire le tour des îles. Décembre à février est la haute saison. Les ferries peuvent être annulés en cas de mer agitée durant les mois de mousson (juin à octobre).